INTERVIEW DE ZIM ZUM - janvier 2005
- réalisée par votre webmastrice pour le fan-club
officiel français.
(Pour utiliser cette interview, vous devez demander la
permission à karinemail@ifrance.com)
Début janvier 2005, l'ex-guitariste martyr de Marilyn Manson (1996-1998) acceptait de répondre aux questions posées par les membres du fan club français. Malgré son apparente absence depuis son départ de Marilyn Manson, le guitariste n'en a pas pour autant abandonner le monde de la musique. Après un an de silence, Zim Zum crée en 1999 le groupe Ultra Fag en compagnie de l'étrange chanteur Nixon Ashur. Quelques années plus tard, toujours à la recherche d'un label, il poursuit désormais son projet seul et rebaptise son groupe Pleistoscene. En 2004, suite à plusieurs mois d'incertitude sur le devenir de Pleistoscene, Zim Zum refait surface et décide de commercialiser sa musique en ligne, sur son propre site internet. Refusant de s'exprimer dans les médias et rejetant habituellement toute question sur son passé au sein de Marilyn Manson, l'ex-guitariste androgyne offre à Marilyn Manson Legion et à ses adhérents un entretien on ne peut plus exclusif…

Comment définirais-tu
la musique de Pleistoscene ?
Elle est assez instrumentale, comme la bande son d'un film. Pleistoscene est
un pseudonyme sous lequel je sors de la musique d'une manière un peu
différente du circuit normal de la musique, écrire et enregistrer.
J'écris, orchestre, joue et enregistre tous les instruments. Comme pour
la plupart de la musique que j'écris et enregistre, il n'y a pas de motivation
commerciale avec Pleistoscene.
As-tu déjà sorti
un album ?
Non. J'ai un album, mais pas de date de sortie. La musique accompagnera un court
métrage.
Pleistoscene est-il ton seul
groupe actuellement ou as-tu d'autres projets musicaux ?
J'ai Pleistoscene et mon projet solo (www.zimzum.com) dans lequel je chante,
joue de la guitare et d'autres instruments. J'ai aussi un groupe, "The
Pop Culture Suicides" (www.thepopculturesuicides.com) qui jouera sur scène
pour mes deux autres projets.
Projettes-tu de partir en tournée
bientôt ?
Oui. The Pop Culture Suicides a répété quelques temps dans
le but d'être prêt à incorporer le groupe et à ensuite
prendre la route.
As-tu l'intention de délivrer
un message particulier avec la musique de Pleistoscene ?
Je pense que la musique est meilleure si on en laisse l'interprétation
aux auditeurs, même si ce n'est pas du tout le message que l'on voulait
transmettre au départ. Les auditeurs relatent les choses qui sont dites,
ou l'humeur d'une chanson, d'une manière unique qui dépend entièrement
de leur propre regard. Ils ne pourront jamais trouver exactement ce que je veux
dire, je ne suis pas facile à interpréter.
Qu'est-ce que tu attends de Pleistoscene
? Espères-tu que ton groupe devienne mondialement connu ou continue à
rester confidentiel ?
Je me fiche de la célébrité. Je ne suis pas motivé
par l'argent ou les compliments. Je ne me soucie pas d'être LE musicien
phare. Plus vous espérez haut, plus vous aurez de mal à y arriver.
J'écris de la musique pour moi-même, et je le fais moi-même
sans me soucier de ce que le monde pense. Je peux quand même apprécier
le fait que quelqu'un aime ce que je fais, ou qu'il essaye de faire ce que je
fais moi-même, parce que je suis moi-même un fan de musique. J'adore
écouter de la musique et j'adore la façon dont la musique a joué
un rôle de bande originale dans ma vie. Le fait d'être la bande
originale des bons et mauvais moments de quelqu'un, d'occuper de la place dans
sa vie, même si ce n'est qu'une chanson, apporte un sens irréel
d'accomplissement de soi. Cela apporte une satisfaction que la renommée
ne pourra jamais apporter.
Quelles sont tes principales
influences ?
Toutes les choses que je vois et que je ressens, bonnes comme mauvaises. Je
ne cache pas la façon dont je me sens ou ce que je pense quand j'écris
de la musique, qui est un exorcisme pour moi. Il y a des choses que j'ai besoin
de faire sortir de moi et j'ai beaucoup de démons dans ma vie, j'ai donc
besoin d'un sérieux exorcisme… Ma musique est aussi instable qu'une
personnalité multiple et désordonnée, car elle reflète
tout ce que je ressens. Je ne passe pas forcément toute la journée
avec le même état d'esprit. Parfois, la musique est mélodique
et accessible, parfois pas, mais cela représente ce que je suis et la
façon dont j'aime m'exprimer à travers elle. L'honnêteté
permet de restituer un grand nombre de types de musique différents.
Que penses-tu de la nouvelle
scène rock ?
Je n'écoute pas vraiment les nouvelles choses qui se font en ce moment,
mais il y a quelques groupes qui retiennent mon attention. Dernièrement,
j'ai écouté The Brian Jonestown Massacre, Interpol, The Cure,
Thin Lizzy, Pantera, The Ramones, Joy Division….mais demain je suis sûr
que j'écouterai quelque chose de totalement différent. Des nouveaux
groupes ? Je ne connais aucun nouveau groupe et tout ce que j'entends sur la
radio craint et se ressemble vraiment. J'ai l'impression que les radios de rock
classique ont plus de rage et de substance, avec des groupes comme les Pink
Floyd, les Beatles et Led Zep. Mais je me demande ce qui est de nos jours appelé
"classique"…c'est la même chose pour ce qu'on appelle
la "nouveauté".
En dehors de la musique, as-tu
d'autres passions qui occupent ton temps ?
Oui. Je m'intéresse, à de différents niveaux, à
l'art et au design, et j'aimerais sortir des disques et des œuvres d'art
de manière indépendante.
Les fringues semblent tenir une
grande place dans ta vie, j'ai entendu dire que tu avais une marque de vêtements
intitulée "Non Genders Specific", est-ce vrai ?
Partiellement vrai, oui. J'aime les vêtements. J'aime quand mes habits
reflètent ce que je suis, mais ils ne le font sûrement qu'en partie.
Je ne suis pas un mec à la mode, mais j'aime passer du temps à
trouver des choses dans des lieux extrêmes, que ce soit dans les boutiques
de déguisement ou chez des designers.
Le site internet de Pleistoscene
est très étrange…T'intéresses-tu particulièrement
à ce type de médias ?
Merci, et oui je le suis. "Etrange" est vraiment un compliment. Cela
signifie qu'il est indéfinissable et un peu cérébral, le
tout imbriqué dans un conte de fée psychotique. J'adore toucher
aux nouvelles technologies, mais c'est dur de trouver des gens ayant la connaissance
nécessaire et qui ne sont pas coincés par des horaires de bureau.
Je déteste les sites qui mâchent tout le travail et ressemblent
à un plan. C'est trop facile. Si je ne veux pas voir de pages animées,
je lis un livre. J'ai dessiné les images et le design, et travaillé
sur toute la rédaction, la façon dont les pages s'enchaînent,
les liens cachés, tout ce qui est spécifique dans son design et
dans sa fonction afin que ce soit toujours flou et imprécis dans sa présentation.
Un site web doit accorder un rôle plus grand à sa présentation
et je tends à penser que ceux qui suivent ce que je fais, religieusement
et avec désinvolture, comprendront le site et apprécieront de
savoir que je leur ai donné l'impression d'assumer le fait qu'ils sont
intelligents, veulent quelque chose et prennent le temps de se plonger dans
ce que je suis en train de leur présenter. Mes sites sont ce que vous
en faîtes. Si vous cherchez des news vous pourrez les chercher longtemps,
mais si vous cherchez une autre planète où vous échapper
alors vous trouverez sûrement ce que vous cherchez.
Que penses-tu de la célébrité,
est-ce un avantage ou un problème pour toi ?
C'est un problème avec ses avantages. D'un côté, les gens
espèrent un haut niveau d'accommodation de votre part, et d'autre côté
il faut réussir à rester plus ou moins anonyme et garder une part
d'intimité. Je comprend et j'apprécie ceux qui me suivent dans
ce que j'ai choisi de faire de ma vie, mais j'aimerais également que
ces personnes comprennent qu'il y a des choses qu'on me demande et des choses
qui sont à l'intérieur de moi, et que ces deux choses ne rentrent
pas forcément dans le même moule. Si j'ai quelque chose à
dire, je peux le dire à beaucoup de monde, mais parfois quand je dis
quelque chose c'est mal utilisé pour des raisons inconnues du grand public,
à moins qu'ils comprennent comment fonctionnent quotidiennement les médias.
Le client est roi. Les magazines et les médias le savent et feront n'importe
quoi pour se faire un million de dollars sur le dos de quelqu'un. Il faut choisir
avec prudence l'endroit où tu veux que l'information apparaisse. Il faut
être sûr qu'ils parlent de toi pour les bonnes raisons. Je pense
que la célébrité est surévaluée et la plupart
des gens qui sont connus aujourd'hui sont aussi surévalués. Je
ne vois aucune substance dans la culture pop d'aujourd'hui et c'est pourquoi
j'ai choisi d'être un suicide de la culture pop (cf : "pop culture
suicide", le nom du groupe). Si on me donnait un sou pour chaque personne
qui me dit que je ne joue pas correctement avec les règles du jeu et
que ce sera un suicide commercial, je serais un homme très, très,
très riche, autant qu'il est possible de l'être.
As-tu toujours voulu être
une rock star ? Et à quel moment as-tu décidé de travailler
dans l'industrie musicale ?
Je suis né rock star et toutes les rock stars que j'ai rencontrées
le sont aussi. Tout dépend de la façon avec laquelle tu appréhendes
la vie, et cela n'a que très peu avoir avec la musique. Si tu as toujours
répondu par un doigt à toutes les personnes qui voulaient t'emmerder,
tu es une rock star. Si tu as toujours décidé de t'habiller comme
tu voulais sachant que les gens allaient se foutre de toi, tu es une rockstar.
Je n'ai jamais réalisé que je voulais travailler dans l'industrie
musicale, parce que ce sont deux mots qui ne devraient jamais se rencontrer.
J'ai rencontré quelques personnes vraiment dévouées dans
cette industrie pour toutes les bonnes raisons, de qui la passion ne dépendait
pas de leur carnet de chèque, mais dans cette industrie tu dois continuellement
faire du chiffre. Cela dépend de ce que tu as fait et de ce que tu veux
faire demain avec ces chiffres. J'ai aussi rencontré certains des plus
gros vautours et ils le sont beaucoup moins que dans tout le reste du showbiz,
où tu peux trouver une énorme concentration de vampires. Je pense
qu'aujourd'hui, il y a une réelle issue pour la musique mais cela ne
tient qu'au consommateur de trouver ces groupes de qualité et de vraiment
les supporter, même s'ils ne sont pas le groupe à la mode. Devenir
le groupe en vue ne signifie pas forcément que c'est de la bonne musique.
Supporte la musique que tu aimes si tu veux supporter le groupe qui va avec.
Est-ce que tu vis toujours à
Chicago ? Et as-tu apprécié la période où tu vivais
à Los Angeles ?
Je vis encore à Chicago. J'adore vivre à Chicago et malgré
tous les endroits où j'ai vécu, je crois que cette ville est celle
où je me sens le plus chez moi et celle où j'ai donné le
meilleur. J'aime Los Angeles autant que je la déteste. C'est un peu trop
transparent et trop surfait pour moi. Mais comme partout il y a des gens bien
et cela dépend de ce que tu cherches… je préfère
la réalité.
Pourquoi utilises-tu toujours
le nom Zim Zum, est-ce que cela signifie toujours quelque chose pour toi ?
Oui. C'est une part de moi. J'ai un grand nombre de personnalités, Zim
Zum reflète juste la personnalité dominante en ce moment. Mon
nom n'a rien avoir avec le fait d'avoir été le pseudo qui me servait
d'entité dans mon précédent groupe. Si je voulais sortir
un album aujourd'hui sous le nom Timothy Michael je le pourrais. Ca ne changerait
pas qui je suis vraiment parce que c'est juste une étiquette qui sert
aux autres pour te reconnaître.
As-tu eu des regrets après
ton départ de Marilyn Manson ?
Non, aucun.
Etait-ce facile de commencer
une nouvelle vie après ton départ ?
Ce n'était ni nouveau, ni vieux, ni difficile, ni simple, mais juste
différent. Certainement une sorte d'ouverture d'esprit, et que pourrais-je
demander de plus ? J'ai fait un choix et je m'y suis tenu sans me soucier de
ce que le monde en pensait. Je ne voulais pas faire de compromis sur ce que
j'étais, sur ce que je faisais, et pour aucune somme d'argent. J'ai pris
une décision que je ressens toujours comme étant la bonne pour
moi ; et si je regarde en arrière, je suis sûr que ceux à
qui cela posait un problème voient maintenant ma décision d'une
autre manière, d'une façon positive. La plupart des gens ne s'autorisent
pas à changer de vie sauf si leur nouvelle vie correspond déjà
à leur précédente vision.
Es-tu toujours en contact avec
les anciens membres de Marilyn Manson ? Et que penses-tu de la carrière
musicale de ceux qui ont aussi quitté le groupe ?
Non, avec personne. S'ils sont heureux de faire ce qu'ils font quel est le problème
? Tout le monde doit faire ce qu'il sent, qu'importe la raison.
Est-ce que tu écoutes
toujours la musique de Marilyn Manson et que penses-tu de son évolution
musicale ?
Je ne l'écoute plus. Evoluer c'est grandir, évoluer ce n'est pas
choisir la sécurité. L'évolution ce n'est pas la célébrité,
l'évolution ce n'est pas la conformité. Où est l'évolution
musicale là-dedans ?
Qu'espères-tu de la vie
aujourd'hui ?
Vivre chaque jour comme si c'était le dernier possible pour dire quelque
chose qui va changer le monde.
As-tu un message pour tes fans
français ?
Je vous aime tous pour ce que vous êtes vraiment et pour tout votre support
désintéressé. Garder vos pensées pour le futur et
vos esprits bien ouverts. Si vous cherchez vraiment quelque chose de nouveau,
vous me trouverez. Pas d'excuses, pas de regrets. Bisous.
Plus d'infos sur Zim Zum et Pleistoscene sur http://www.pleistoscene.com