Satyre des ennuis |
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Au lieu de réfléchir pendant des heures à ce qu'allait nous proposer Marilyn Manson lors de son concert au Zénith de Paris le 25 janvier prochain, nous sommes allés nous confronter en avant-première à sa nouvelle tournée à Rochester, dans l'état de New York. Et voici ce que nous avons vu.... |
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Rochester est une sorte de ville fantôme américaine, situé au Sud du lac Ontario. Malgré son statut de capital mondial de la photographie (George Eastman, le créateur de Kodak, y résidait), la bourgade ne présente absolument aucun intérêt, si ce n'est dans sa succession interminable et impressionnante d'églises et de chapelles de tous ordres. Etant donné l'environnement très religieux et l'abscence de jeunes à Rochester, c'est un exploit que Marilyn Manson ait réussit à remplir la salle de concert, la Blue Cross Arena, en ce 19 novembre 2000. Certes, la scène a été montée au milieu de l'amphithéàtre, mais la population, essentiellement gothique, avoisine tout de même les 3000 personnes. |
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Côté futuriste |
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Ce sont Godhead et The Union Underground qui accompagnent l'Omega sur ce "Guns, God & Government World Tour". |
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Le choix de Godhead en première partie n'est pas très surprenant puisque le groupe de Washington D.C est la première signature de Posthuman Records, le nouveau label de Marilyn Manson. Bien que le quartet ait déjà 2 disques à son actif, il reste de gros progrès à accomplir du côté du live et sa prestation, honnête malgré tout, aura du mal à convaincre l'assemblée. Il faut dire que son disque, "2000 years of human error", ne sort qu'en janvier et que le public, en train de remplir la salle au compte-gouttes, a du mal à accrocher à des titres qu'il ne connaît pas encore. Pas de fautes de goûts concernant la set-list en tout cas, ou l'on retrouve les 4 tubes du combo, à savoir "The reckoning", "Inside you", "I sell society", "Sinking", ainsi que la reprise des Beatles "Eleanor Rigby". Toujours dans le registre metal-industriel, The Union Underground, lui, saura chauffer la foule avant le concert de Manson. Son leader sait être suffisamment charismatique et encourageant pour faire manifester à la foule des signes d'intérêt certain. Musicalement (leur second disque sort chez Columbia en France fin janvier) et graphiquement assez proche de Powerman 5000, le groupe texan appuie et développe son côté futuriste par le biais d'écrans télévisés diffusant des images et des messages subliminaux. |
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L'arrivée de la bête |
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En attendant l'arrivée de la Bête qui a maîtrisé l'art de se faire désirer, la salle pourra profiter de l'écoute partielle de l'album blanc des Beatles, un clin d'oeil puisqu'il s'agit du disque que l'Omega a cité comme référence et influence principale de sa dernière production, "Holy Wood (In the shadow of the valley of death)". L'attente est longue (50 minutes), ce qui nous permet de nous interroger sur ce que l'Antéchrist va bien pouvoir nous proposer. Car à changer constamment d'identité et de concept, Manson risque d'avoir du mal à alterner les périodes successives de "Antichrist Superstar", de "Mechanical Animals" et de "Holy Wood...". Ce dernier constituant une synthèse brillante des 2 précédents, il s'avère en réalité plus facile à mettre en scène. Le show débute par des bruits de malades mentaux ou de sorcières très malsaines, associés à des sons de mouches volantes. L'ombre de Manson en chauve-souris se dessine sur le voile qui cache encore la scène et l'introuction macabre de "Count to six and die" résonne au piano, tandis qu'un nuage de fumée envahit la salle. Le rideau tombe et dévoile un Antéchrist en corset de cuir et longue jupe noire fendue, maquillé de flammes rouges au dessus des yeux, qui commence à mettre le feu avec son "Irresponsible Hate Anthem". Twiggy Ramirez est égal à lui-même, de bonne humeur, toujours aussi élégant dans une petite robe beige très seyante sans doute achetée aux puces sur les conseils de Courtney Love et sautillant aussi que la lourdeur de ses bottes New Rock lui permet. Le guitariste John 5 rôde tel un lion en cage tandis que Madonna Wayne Gacy, perché sur des écrans de télévision, s'excite sur ses synthétiseurs et que Ginger Fish est cachée sur la gauche par son immense batterie. |
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Un succès franc et immédiat |
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Ce sont ensuite "The death song" et le premier single tiré de "Holy Wood", "Disposable Teens", qui déboulent et connaissent un succès franc et immédiat. On le voit, Manson a choisit la sécurité en optant pour ses nouveaux morceaux les plus formatés pour le live. Le temps d'un "Great big white world" revisité de manière plus dure et saccadée et Manson, après un petit intermède électro, est de retour avec ses béquilles échasses géantes pour "Tourniquet". Il s'adresse ensuite pour la première fois au public avec un discours un tantinet abusif par sa facilité et sa démagogie : "Fuck the right, fuck the left, fuck the past, fuck the future, fuck Texas, fuck retirement fuck Welfare, fuck the police...La chanson suivante est dédiée au prof qui vous a dit que vous étiez stupide, à votre père qui vous a dit que n'arriveriez à rien et aux putains de chrétiens qui vous ont dit que vous brûleriez en Enfer". La chanson en question c'est "The fight song" dont le refrain marche, comme attendu, très bien sur la foule, tout comme celui de "Lunchbox" qui suit. Le tout est agrémenté d'un charmant pied de micro en forme de fusil et d'un lâchage de confettis en règle. Après "Rock is dead", un panneau orné de lettres "Holy Wood" descend du haut de la scène, le temps que Manson aille revêtir un manteau de fourrure blanc et noir partant en lambeau sur la fin. De loin, on dirait des putois (!) |
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Satire du communisme |
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Le plus marquant scéniquement parlant restera le "Cruci-fiction in space" ou l'Antéchrist s'élève jusqu'à cinq mètres de hauteur, gràce à un ingénieux système d'ascenseur camouflé derrière sa jupe longue. C'est sans doute la première référence à cette "satire du communisme" que Marilyn évoquait pour décrire ce nouveau show. Un drapeau américain pare la scène pour "Burning flag", le morceau le plus violent de "Holy Wood..." , chanté pour l'occasion à l'aide d'un haut-parleur. Il est maintenant temps de se tripoter l'anus. Ce sera chose faite tout au long de "Sweet dreams". Changement de décor impressionnant pour "Valentine's day" : deux rideaux encadrent la scène. A droite, les figures du Christ, de Marilyn Monroe et de Lenine. A gauche, celles d'Elvis Presley, Charles Manson et JFK. L'Omega est déguisé en pape et s'agenouille devant un autel ou sont disposés deux moules en cire de sa propre tête. Il disparaît 2 minutes pour revenir, couvert de boue, sur un promontoire rouge orné du symbole de dette tournée (des fusils et pistolets). C'est l'heure des apocalyptiques "The love song" et "The beautiful people" . Un petit "The reflecting god" et puis tout le groupe s'en va. Les hurlements de la foule le feront revenir pour un "Get your gunn" puis un "Diary of a dope friend" ou Manson baissear son pantalon pour faire profiter l'assistance de ses petites fesses fermes séparées par ce que l'on nomme, en lingerie féminine, un string. Le show se termine par "1996" et la destruction du kit de batterie de Ginger Fish. C'est peu dire qu'il s'en passe des choses à un concert de Marilyn Manson. |
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par Sophie Hervier |
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