The Dope show |
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En mai 97, Manson avait plongé le Bataclan dans l'apocalypse, en se tailladant la poitrine à coup de tessons de bouteille et en plongeant la salle en transe lors d'un show on ne peut plus sombre. En décembre 99, le groupe avait transformé le Zénith en une sorte de Broadway sous acide, à grand renfort de néon, paillettes et danseuses en bikini doré. Ce 25 janvier 2001, on pouvait donc s'attendre à tout et à n'importe quoi... et c'est exactement ce que Manson nous a donnés. |
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Le Zénith est plein à craquer, envahi de créatures, tantôt étranges, tantôt magnifiques, vêtues qui de dentelle, qui de velours, qui de vinyl. Personne n'a voulu manquer LE concert de ce début d'année et le spectacle, avant de commencer sur scène est déjà dans la salle. Les plus attentifs auront même remarqué Skin, sublime chanteuse de Skunk Anansie. |
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Dans les gradins, les fans sont en ébullition. Un groupe de fidèles de la première heure scande le célèbre "We hate love, we love hate". Un rideau blanc cache la scène. Alors que les lumières baissent à peine, la fumée envahit la salle. On frôle l'hystérie. En ombre chinoise, une silhouette difforme se laisse deviner, provoquant une nouvelle salve de hurlements. Derrière le rideau, la silhouette étend ses ailes de chauve-souris géante et s'agite, comme prise de convulsions, accentuées par les lumières. |
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Explosion de son |
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Le rideau tombe. Il est là. Les gradins tremblent. Un tel déchaînement de passion, provoqué par un seul homme a quelque chose d'effrayant et de fascinant en même temps. La musique est tellement forte qu'elle en devient parfois inaudible (ou est-ce moi qui vieillit ?). Vêtu légèrement d'un serre-taille et d'un collant en lambeaux, Marilyn Manson arbore au bras gauche une manche en plume, évoquant aussi bien l'oiseau blessé que l'ange déchu. A ses côtés, Twiggy Ramirez se déhanche comme à son habitude en petite robe, pendant que John 5 porte une grande soutane de cuir. Derrière son clavier monté sur ressort, Madonna Wayne Gacy a tout simplement l'air d'un maniaque pendant que Ginger Fish s'agite derrière sa batterie. La part belle est faite aux titres de son dernier album, "Holy Wood (In the shadow of the valley of death)". Après l'ancien "Irresponsible hate anthem", "The death song" et le single "Disposable teens", accueilli comme un classique, c'est finalement "Tourniquet" qui marque un retour au bon vieux Manson. Surgissant de l'obscurité, le chanteur s'est hissé sur ses fameuses échasses géantes et va-et-vient sur scène comme un insecte gigantesque, complètement désarticulé. |
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Sobriété et décadence |
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"En France, vous vous y connaissez en révolution. Vous savez vous battre." Marilyn harangue la foule et l'incite à hurler Fight ! Fight ! Fight ! Introduction pour "The fight song" pendant laquelle le chanteur se déchaîne. Il saute partout, se jette sur les amplis et manque même de s'en faire tomber un au coin de la gueule. Visuellement, le spectacle est étrangement sobre. Le décor est épuré, Manson n'a encore sorti aucun de ses costumes. Ce n'est pas que l'on s'ennuie, mais on commence à se demander si Marilyn Manson est bien ce groupe subversif qui fait couler tant d'encre. Explosion de confettis métalliques à la fin de "The nobodies" pour annoncer "Lunchbox". En amorce de "The dope show", Manson se prend les pieds dans le micro. Il se déchaîne ensuite pour faire oublier ces petites imperfections. |
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Une silhouette impressionnante s'élève au milieu de la scène. Monté sur une plate-forme, Manson monte de plus en plus haut. Pendant toute la durée de "Cruci-fiction in space", personne ne bouge dans la salle comme hypnotisé par cette apparition étrange. Il faudra que le chanteur hurle "I am the god of fuck" pour que le public se réveille de sa transe et accompagne, comme il se doit, le groupe pendant "Cake and Sodomy". Soudain, Manson semble se rappeler ce qu'on attend de lui, il part dans des danses masturbatoires, baisse son froc et fait mine de s'enfiler son micro. Sage précaution de sa part, il chante le morceau suivant avec un mégaphone. |
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Sweet dreams |
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Il suffit de quelques secondes d'intro pour déclencher un ouragan de hurlements. Les six-milles personnes présentes accompagnent Manson au chant pour sa célèbre reprise des Eurythmics. Soudain, le chanteur monte sur le côté de la scène et excite les fans qui se trouvent dans la fosse. En désignant un particulièrement déchaîné, il demande à la foule "Vous voulez voir ce mec se faire violer ?" Il semble que ce soit la cas. L'innocente vicime est alors hissée sur scène et Manson fait mine de le violer. Amusant. On se réveille enfin. |
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C'est déguisé en Pape qu'il viendra chanter "Valentine's day" avecson hypnotique refrain "In the shadow of the valley of death". Sur scène, des tentures représentant des portraits de Jésus, Marilyn Monroe, Lénine, Elvis Presley, Charles Manson et J.F.Kennedy. Changement de décors à nouveau pour le morceau suivant. Sur un pupitre, Manson prend des allures de dictateur. La scène est décorée par un crucifix formé par un fusil et deux pistolets. "The love song" est ponctuée par les "Yeah !" de fans hystériques, qui ne se calment pas quand retentissent les premières notes de "The beautiful people". |
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Après un unique rappel, le groupe tire sa révérence rapidement. Malgré quelques beaux tableaux, ce concert est loin d'être la meilleure prestation que le groupe ait donné à Paris. N'en déplaisent à ceux qui applausissent les yeux fermés, Marilyn Manson nous avait habitués à mieux. |
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par J. Legouy |
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